Libertés et droit à la sécurité : un débat nécessaire

jamil sayah« Depuis la chute de l'ancien régime les Tunisiens sont préoccupés par une question, qui le temps passant, est devenue centrale: comment allons nous combiner la liberté et la sécurité ? La question est d'importance, et les réponses passionnées qu'elle suscite reposent dans bien des cas sur des positions rendant le débat houleux. Mais pouvons-nous nous satisfaire d'un débat tranché ? ».

Parce qu'il n'existe aucun droit qui puisse s'exercer sans limite, aucune liberté qui ne soit absolue, s'interroger sur le lien conceptuel et réel entre liberté et sécurité revient en fait à reposer dans son ensemble la question de la liberté et de ses conditions d'exercice. Force est donc de restreindre le champ de la réflexion. D'abord, en postulant que la question n'a d'intérêt que là où la liberté a un sens et une réalité, ce qui conduit naturellement à centrer l'analyse sur le modèle de la démocratie libérale (au sens politique). Ensuite, en envisageant que les seules limites qui traduisent une volonté explicitement assumée de mettre des bornes à la liberté, en laissant de côté les entraves à l'exercice des libertés engendrées par des inégalités sociales ou des phénomènes d'exclusion, ou encore celles qui résultent de l'inefficacité des garanties.